Mistery

On reconnait le bonheur au bruit qu'il fait en partant. Moi je l'ai reconnu quand L est entrée dans ma vie.

04 avril 2009

Où on va papa ?

Le livre de Jean-Louis Fournier. Je l'ai lu il y a de ça quelques mois et il m'a profondément touchée. Plus tard, un soir de Janvier, je lisais quelques passages à ma mère et je me suis retrouvée avec les larmes aux yeux incapable d'en lire plus. Dernièrement, j'entends parlé de ce livre par des gens qui viennent de le découvrir et ça m'a donné envie d'écrire un post qui sera sans doute lu par tout au plus une seule personne. Mais c'est pas grave car si cette unique personne lit ce livre, ça me suffit amplement.

Jean-Louis Fournier y parle de ses deux enfants handicapés. Il se sert de l'humour pour les raconter mais cet humour est rempli d'amour pour ses enfants. On ressort changé de cet lecture, j'ai vraiment reçu une claque et ça m'arrive assez rarement.

Je vous mets ici le mot de l'éditeur, ça vous permettra de vous faire une petite idée avant de courir l'acheter:

""Cher Mathieu, cher Thomas,
Quand vous étiez petits, j ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. On aurait pu en parler ensemble après. Je connais bien Tintin, je les ai lus tous plusieurs fois.
Je ne l ai jamais fait. Ce n était pas la peine, vous ne saviez pas lire. Vous ne saurez jamais lire. Jusqu à la fin, vos cadeaux de Noël seront des cubes ou des petites voitures... "

Jusqu à ce jour, je n ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J avais honte ? Peur qu on me plaigne ?
Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c était pour échapper à la question terrible : « Qu est-ce qu ils font ? »
Aujourd hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j ai décidé de leur écrire un livre.
Pour qu on ne les oublie pas, qu il ne reste pas d eux seulement une photo sur une carte d invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d ange, et je ne suis pas un ange.
Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler d eux avec le sourire. Ils m ont fait rire avec leurs bêtises, et pas toujours involontairement.
Grâce à eux, j ai eu des avantages sur les parents d enfants normaux. Je n ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu ils feraient plus tard, on a su rapidement ce que ce serait : rien.
Et surtout, pendant de nombreuses années, j ai bénéficié d une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j ai pu rouler dans des grosses voitures américaines."

Comme le dit Jean-Louis Fournier, un enfant handicapé ne fera jamais rire. Si plus tard mon petit neveu venait à faire une bêtise comme se mettre de la nourriture sur le visage en voulant porter la cuillère à sa bouche, on en rigolerait tous (avant de s'énerver car il faudra le nettoyer). Mais si un enfant handicapé faisait la même chose, nombreuses sont les personnes qui prendraient un air affligé en disant "oh le pauvre". C'est pour cette raison que Jean-Louis Fournier a écrit ce livre, pour qu'au moins une fois ses enfants puissent faire rire.
Alors, oui, il y a de l'humour mais l'histoire reste douloureuse et elle nous touche au plus profond.

Posté par Mistery137 à 18:22 - Ces livres qui touchent - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

  • je ne l'ai pas lu mais tu m'as donné envie

    Posté par Alf54, 05 avril 2009 à 11:30

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