Mistery

"On reconnait le bonheur au bruit qu'il fait en partant". Moi je l'ai reconnu quand L est entrée dans ma vie.

20 août 2009

L'enfant de tous les silences de Kim Edwards

Présentation de l'éditeur: 1964. Une terrible tempête de neige paralyse le Kentucky. Le Dr David Henry n'a pas le choix : il doit accoucher lui-même sa jeune épouse, Norah. Vient d'abord un magnifique garçon, puis une petite fille... trisomique. En un instant, David, persuadé d'agir pour le mieux, va prendre une décision tragique : il confie la petite à Caroline, son infirmière, qui doit la mener dans une institution spécialisée. A Norah, il annonce que le bébé n'a pas survécu. Mais Caroline choisit de sauver la petite et de l'élever comme sa propre fille... Des années plus tard, la vérité sur cet enfant de tous les silences ressurgit, et avec elle des conséquences dramatiques pour la famille déchirée...

Ce choix qu'a fait David va avoir un retentissement sur toute sa vie, sur sa femme, son fils... On se demande régulièrement comment aurait été leur vie, leur couple s'il avait fait un choix différent.

On apprend très tôt dans le livre que son choix a été influencé par son passé et son enfance. Sa soeur est décédée d'une malformation cardiaque à l'âge de 12 ans et sa mère ne s'en est jamais remise, sans parler de ce que lui éprouve encore en ayant vu sa soeur dépérir au fil du temps. Il cherchait à épargner ces souffrances à sa femme et à son fils mais ce sont d'autres souffrances qu'ils vont endurer.

Même sans cette terrible décision, je pense qu'un fossé se serait quand même creusé entre lui et sa femme. Il n'a jamais parlé de son passé ni à elle ni à son fils ce qui de toute manière a contribué à les éloigner au fil du temps. Norah dira plus tard qu'elle a vécu la moitié de sa vie avec lui mais qu'elle ne le connaissait pas. C'était comme s'ils gravitaient autour du même astre (leur fils) mais pas sur la même orbite.
Il n'y a qu'une personne à qui il aura tout raconté, une jeune femme de 30 ans de moins que lui avec qui il liera un lien affectif très fort. Il se rendra compte trop tard que c'est avec ceux qui nous connaissent le mieux qu'on se sent le plus proche.

Ce livre m'a particulièrement touchée. Il m'a fait réfléchir aussi au poids des secrets, à leurs conséquences sur nous et sur notre entourage. Qu'on le veuille ou pas, les secrets qu'on garde (même les plus infimes) érigent des barrières entre nous et ceux qui nous aiment. Ces barrières peuvent finir par nous éloigner alors que si on les avait laissées tomber, on aurait pu devenir plus proches que jamais. Au final, un secret, quel qu'il soit, pèse sur la personne qui le porte mais aussi sur celle qui l'ignore car même si l'on ne sait pas de quoi il s'agit, il suffit de tenir vraiment à une personne pour sentir que quelque chose nous sépare. Norah sentait bien que son mari la tenait à l'écart de son "ancienne" vie et elle n'a jamais su franchir ses barrières car il n'a jamais su (voulu) la laisser entrer.

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06 avril 2009

Tu m'appelles en arrivant ?

Encore un livre coup de coeur, une révélation pour moi.

Alors, je ne suis pas fan du personnage public. A vrai dire, je ne regarde pas ses différentes émissions, je n'écoute pas ses chansons, certains comportements qu'il a pu avoir m'ont même fait me poser certaines questions sur sa santé mentale... Mais je suis la mieux placée pour savoir qu'on doit laisser vivre les gens comme ils l'entendent du moment qu'ils ne font de mal à personne. Et puis, même si je n'apprécie pas plus que ça le personnage, je trouve honteux les jugements qu'on a pu porter sur lui. Quelle que soit la situation, la personne qui juge devrait se demander "mais qui je suis pour juger de ce que font les autres ?". On peut donner son avis mais pas descendre une personne sous prétexte qu'on aime pas ce qu'elle fait. C'était mon petit coup de gueule de ce soir mais ce n'est pas pour ça que j'ai crée ce post.

Je voulais parler du livre de cette personne. Si je ne donne pas le nom tout de suite c'est intentionnellement car je connais bon nombre de personnes qui en voyant l'auteur se diraient "ah c'est lui, ça sert à rien que je le lise alors". Et bien, n'en déplaise à certains, ce Lui est aussi un excellent écrivain. Si je m'étais arrêtée au nom de l'auteur je serais passée à côté du témoignage poignant d'un amour hors du commun entre un fils et sa Maman. Certains aimeront ce livre, d'autres non mais en ce qui me concerne j'ai vécu pas mal d'émotions très fortes en le lisant. Connaissant la personne qui l'a écrit, il y a des petits passages que l'on pourrait qualifier de vulgaires (mais il s'agit plutôt pour moi de franc-parler), il a eu une vie assez mouvementée et je n'adhère pas à tout ce qu'il a pu faire dans sa vie. Mais ce témoignage d'amour pour sa mère est tellement bouleversant que je ne pouvais pas rester insensible.

Pour ce qui est de "l'histoire". Sa mère est atteinte d'une maladie grave et le jour où le médecin lui apprend que la mort est inéluctable et surviendra dans peu de temps, il décide d'écrire la nuit (vu qu'il ne dort que très peu). C'est d'abord un exutoire à sa peine et puis ça devient un hommage pour sa mère. Il se force à écrire car "il lui doit bien ça". Il nous raconte sans détours tous les passages importants ou les anecdotes de sa vie mais toujours en rapport avec sa mère.

Je met quelques citations que j'ai bien aimé pour terminer ce post:

- "... même si elle sait que je l'aime, elle ne peut pas imaginer à quel point. Si elle le découvrait, elle souffrirait mille fois plus de me laisser."

- Une citation de Frédéric Dard que j'ai retrouvée dans le livre "Si j'avais su que je l'aimais autant, je l'aurais aimée d'avantage".

- "L'alcool est une arithmétique: diviser les peines et multiplier les joies. Du moins le croit-on. En fait l'alcool multiplie tout. Il ne divise qu'une chose: celui qui en abuse. Il fait d'un être deux clones qui au fur et à mesure de la dépendance s'éloignent l'un de l'autre. Et quand celui qui est à jeun est radicalement différent de celui qui a bu, on appelle ça un alcoolique."

- "C'est pas ça l'amour. C'est pas: 'je t'appartiens, tu m'appartiens'. L'amour c'est vouloir le bonheur de l'autre quoi qu'il décide. Si elle a choisi de te quitter, c'est que tu n'as pas su la rendre heureuse. Alors si tu l'aimais vraiment, tu te réjouirais de son bonheur, même avec un autre."

- "Et en cas d'extrême malheur je suis de ceux qui pensent que la confession se suffit à elle-même. Qu'elle n'a besoin ni de conseils, ni d'appréciations subjectives".

Cette dernière citation me fait revenir à ton commentaire Alfi. Dans certaines circonstances, les mots deviennent surperflus. On a juste besoin de bras pour nous accueillir, d'une épaule pour nous soutenir, d'une oreille (même si 2 c'est mieux ,-))pour nous écouter...

Et enfin, le nom de l'auteur c'est Patrick Sébastien. Maintenant, vous en faites ce que vous voulez.

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04 avril 2009

Où on va papa ?

Le livre de Jean-Louis Fournier. Je l'ai lu il y a de ça quelques mois et il m'a profondément touchée. Plus tard, un soir de Janvier, je lisais quelques passages à ma mère et je me suis retrouvée avec les larmes aux yeux incapable d'en lire plus. Dernièrement, j'entends parlé de ce livre par des gens qui viennent de le découvrir et ça m'a donné envie d'écrire un post qui sera sans doute lu par tout au plus une seule personne. Mais c'est pas grave car si cette unique personne lit ce livre, ça me suffit amplement.

Jean-Louis Fournier y parle de ses deux enfants handicapés. Il se sert de l'humour pour les raconter mais cet humour est rempli d'amour pour ses enfants. On ressort changé de cet lecture, j'ai vraiment reçu une claque et ça m'arrive assez rarement.

Je vous mets ici le mot de l'éditeur, ça vous permettra de vous faire une petite idée avant de courir l'acheter:

""Cher Mathieu, cher Thomas,
Quand vous étiez petits, j ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. On aurait pu en parler ensemble après. Je connais bien Tintin, je les ai lus tous plusieurs fois.
Je ne l ai jamais fait. Ce n était pas la peine, vous ne saviez pas lire. Vous ne saurez jamais lire. Jusqu à la fin, vos cadeaux de Noël seront des cubes ou des petites voitures... "

Jusqu à ce jour, je n ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J avais honte ? Peur qu on me plaigne ?
Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c était pour échapper à la question terrible : « Qu est-ce qu ils font ? »
Aujourd hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j ai décidé de leur écrire un livre.
Pour qu on ne les oublie pas, qu il ne reste pas d eux seulement une photo sur une carte d invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d ange, et je ne suis pas un ange.
Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler d eux avec le sourire. Ils m ont fait rire avec leurs bêtises, et pas toujours involontairement.
Grâce à eux, j ai eu des avantages sur les parents d enfants normaux. Je n ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu ils feraient plus tard, on a su rapidement ce que ce serait : rien.
Et surtout, pendant de nombreuses années, j ai bénéficié d une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j ai pu rouler dans des grosses voitures américaines."

Comme le dit Jean-Louis Fournier, un enfant handicapé ne fera jamais rire. Si plus tard mon petit neveu venait à faire une bêtise comme se mettre de la nourriture sur le visage en voulant porter la cuillère à sa bouche, on en rigolerait tous (avant de s'énerver car il faudra le nettoyer). Mais si un enfant handicapé faisait la même chose, nombreuses sont les personnes qui prendraient un air affligé en disant "oh le pauvre". C'est pour cette raison que Jean-Louis Fournier a écrit ce livre, pour qu'au moins une fois ses enfants puissent faire rire.
Alors, oui, il y a de l'humour mais l'histoire reste douloureuse et elle nous touche au plus profond.

Posté par Mistery137 à 18:22 - Ces livres qui touchent - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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